Interview Pierrick Romeuf pour Marius

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Pierrick Romeuf est le designer qui a travaillé sur le projet du baby foot Marius. Il répond à nos questions.

Bonjour Pierrick,

– Peux-tu nous dire quelques mots pour te présenter ?
Je suis Pierrick Romeuf, designer global, installé à Lyon. Je travaille essentiellement seul mais fais équipe avec d’autres créatifs locaux lorsque certains projets demandent des compétences particulières. Je suis également trésorier de l’association de valorisation du design lyonnais : Noème.

– Quel est ton parcours ?
J’ai fait mes études à Lyon et à Saint-Étienne, un BTS de design industriel puis un master en Direction Artistique, j’ai complété mes études par deux expériences à l’étranger, en Finlande, au Studio Suppanen et au Japon, chez Nendo. Je suis designer indépendant depuis 4 ans et je travaille principalement pour le secteur privé, en communication, en aménagement et en design mobilier.

– Quel est ton processus créatif ?

Globalement mon travail consiste en une succession de phases de validation avec mes clients. Dans un premier temps je rédige un cahier des charges en étroite collaboration avec mes clients pour bien appréhender leurs attentes. C’est une phase déterminante pour bien cerner les attentes et les enjeux du projet. Une deuxième phase de veille visuelle et ergonomique sert à concrétiser les besoins et à s’interroger sur les améliorations possibles et les optimisations de la fabrication. Ensuite des ébauches de principes créatifs sont présentées au client et nous servent à valider la direction puis, vient alors le concept détaillé. Je réalise systématiquement des plans à l’échelle ainsi que des vues 3d. J’étudie également avec la plus grande attention les matériaux, les épaisseurs des panneaux servant à l’assemblage ainsi que l’imbrication des pièces dans le processus de fabrication afin d’éviter au maximum le gaspillage.

Pour résumer, je dirais que l’important pour moi dans un projet est de m’imprégner de l’univers qui entoure le produit, puis en collaboration avec mes clients experts de leur métier, de proposer une vision particulière et singulière.

– Tu as collaboré avec la marque de baby foot Marius pour son premier modèle. Pourquoi as-tu souhaité réaliser ce baby foot ?

C’est un objet qui a bercé ma jeunesse, comme beaucoup de lycéens et d’étudiants, j’ai passé de longs moments à jouer autour des baby foot. Le capital nostalgie de ce jeu est indéniable et traverse les générations sans vieillir. C’est un objet compliqué à concevoir car il fonctionne comme une micro-architecture, avec beaucoup de pièces. Il y a des contraintes de portée, de coût de fabrication, de réparabilité, il y a aussi des contraintes liées à l’expédition des baby foot. C’est un vrai challenge de réinterroger un objet aussi iconique.

– Qu’as-tu cherché à mettre en valeur dans le baby foot Marius ?

Avec Marius j’ai voulu rompre les habitudes des gens vis-à-vis des baby foot et leurs fabrications tout bois, rythmés de pans coupés. La souplesse de l’acier nous a permis de réenvisager le baby foot avec des courbes, de rendre sa forme plus radicale et de l’intégrer plus facilement dans nos intérieurs contemporains. Cela, sans augmenter les coûts de fabrication et en reprenant les caractéristiques de l’archétype du baby foot : Terrain en gerflex vert, main courante rouge, pieds noirs. La présence du simili cuir sur le pourtour de la main courante adoucit visuellement la silhouette et modernise le plastique habituellement présent sur le baby foot traditionnel. La découpe numérique est largement employée et permet d’avoir le moins d’intervention possible avec la plus grande précision et donc de maitriser au mieux le coût final du baby foot compte tenu de sa qualité de fabrication.

– Y aura-t-il d’autres modèles de baby foot de la marque Marius ?

Plusieurs modèles sont à l’étude.

– Quels sont tes futurs projets ?
À présent je travaille sur la valorisation d’une série d’objets en bois tournés made in France que je produis en collaboration avec un artisan talentueux de la région Auvergne Rhône Alpes. Le nom de la gamme est Obake, ce sont des petites boîtes en érable sycomore sur lesquelles est gravé au laser un dessin de la talentueuse illustratrice Claire Paq.  Egalement, mon travail pour le collectif Noème est toujours d’actualité et nous travaillons à de nouvelles collaborations.

Merci Pierrick et à très bientôt pour de nouvelles créations !

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